”La justice africaine face aux mutations du monde”. C’est autour de cette exigence que s’est ouverte, lundi 2 novembre 2026 à Porto-Novo, la 18ᵉ session de formation de l’Association Africaine des Hautes Juridiction Francophones (AA-HJF). Magistrats, représentants des juridictions membres, experts et universitaires prennent part à cette rencontre consacrée au renforcement des compétences des acteurs judiciaires. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et de la Législation, Monsieur Yvon DÉTCHÉNOU, en présence du président de la Cour suprême du Bénin et président du Bureau du Conseil d’administration de l’AA-HJF, M. Victor Dassi ADOSSOU.
À l’ouverture de la cérémonie, le directeur général de l’École régionale supérieure de la magistrature (ERSUMA) Monsieur Karel Osiris DOGUE, a salué la tenue de cette nouvelle session, qui s’inscrit dans la continuité des initiatives de l’Association en faveur d’une justice compétente, accessible et moderne. Il a rappelé la contribution de l’AA-HJF au renforcement de l’État de droit et à la promotion d’une justice au service du développement durable, tout en soulignant l’importance de pérenniser cette tradition de formation et de partage d’expériences entre les hautes juridictions francophones.
Prenant la parole au nom du Bureau du Conseil d’administration de l’AA-HJF, Monsieur Victor Dassi ADOSSOU a évoqué avec émotion la disparition de feu Arsène CAPO-CHICHI, ancien chef du service d’appui pédagogique au secrétariat général de l’Association et l’un des artisans de son rayonnement. Saluant son engagement, son dévouement et l’expertise acquise au cours de sa carrière de magistrat, il a annoncé qu’un hommage particulier lui sera rendu durant cette session.
Abordant les enjeux de la rencontre, le Président de la Cour suprême a insisté sur le caractère indispensable de la formation continue dans l’exercice de la fonction de magistrat. Face à l’évolution des textes, de la jurisprudence et des réalités sociales, le juge doit constamment actualiser ses connaissances afin de garantir des décisions rigoureuses, clairement motivées et respectueuses des droits. Le justiciable demeure, a-t-il rappelé, le destinataire ultime de tout effort de formation.
Il a également mis en exergue les principales thématiques de cette 18ème session, notamment l’office du juge international face aux épreuves du droit international, ainsi que les rapports entre justice climatique, droits fondamentaux et responsabilité publique en Afrique francophone. Saluant la vocation de l’AA-HJF comme cadre de dialogue entre juridictions nationales et communautaires, il a invité les participants à privilégier le partage d’expériences et des échanges constructifs, en vue de formuler des recommandations concrètes pour une justice africaine mieux adaptée aux exigences contemporaines.
Présidant l’ouverture officielle des travaux, le Garde des Sceaux, Monsieur Yvon DÉTCHÉNOU, a replacé cette rencontre dans le contexte des profondes mutations qui interpellent les systèmes judiciaires. Revenant sur la devise de l’Association, « Unir l’Afrique par le droit et la justice », il a souligné que cette ambition repose sur le dialogue, le droit et la reconnaissance de valeurs communes, dans le respect des spécificités des États et de la complémentarité des juridictions.
Le ministre a ensuite relevé trois défis majeurs : les tensions de l’ordre international, l’essor de l’intelligence artificielle et la crise climatique. Face aux rapports de force qui fragilisent la primauté du droit, il a rappelé le rôle essentiel du juge dans la préservation de la norme. Sur l’intelligence artificielle, il a reconnu les possibilités qu’elle offre à la recherche juridique et au fonctionnement des juridictions, tout en soulignant qu’elle ne saurait remplacer la conscience et la responsabilité du magistrat. Quant à la justice climatique, elle appelle, selon lui, à une responsabilité collective et à une solidarité entre les générations.
Invitant les participants à faire de cette session un cadre de réflexion et de propositions pour une justice mieux préparée aux défis contemporains, Monsieur Yvon DÉTCHÉNOU a officiellement déclaré ouverts les travaux. Il les a exhortés à « ensemencer le monde d’une nouvelle justice», fidèle aux exigences du droit, de la conscience et de la responsabilité.
Cell. Com. Cour suprême // Secrétariat général AAHJF
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